Prions pour les malades

par le pasteur Carlos Payan

Prenons le temps d’écouter les malades, de les accompagner et de prier pour eux. Je ne prie pas pour les malades parce que j’ai été malade, je prie pour les malades parce que Dieu ne me laisse pas tranquille depuis qu’Il m’a dit qu’il n’y avait personne pour s’en occuper. Je ne savais pas comment faire : au début, je ne faisais qu’inviter des personnes qui avaient l’habitude de prier pour les malades et d’organiser des réunions. Un jour, j’ai posé une question nulle, mais il faut poser des question nulles, j’ai demandé : “Comment fait-on pour prier pour les malades ?” Ils m’ont regardé et m’ont dit tout simplement : “Et bien il faut commencer.”

Alors je suis allé à Lisieux pour ma première réunion de guérison. J’avais fait une prédication afin de prier pour les malades et soudain, une personne entre en fauteuil roulant. Quand une telle personne arrive dans une réunion de guérison, tous les regards se tournent vers elle en pensant : “C’est elle la personne malade qui doit guérir.” Inconsciemment, ces personnes s’excluent elles-mêmes. J’étais donc en train de prêcher au sujet de la guérison et à ce moment le Seigneur me pousse à aller vers cette personne et à prier pour elle.
J’essaie d’argumenter avec le Seigneur car je n’avais pas fini de prêcher mais finalement j’obéis et alors je dis à toute l’assemblée : “Nous allons prier pour le frère qui est ici en fauteuil roulant.” Puis je change d’avis et je dis : “Non je ne vais pas prier pour lui, nous allons tous prier pour lui sinon vous allez dire que c’est ma faute s’il n’est pas guéri. Comme ça ce sera la faute de tout le monde.” Alors nous avons tous prié en langues et il ne se passait rien... J’ai demandé : “C’est la faute de qui s’il n’est pas guéri ?”
On se demande toujours à qui la faute, mais il faut arrêter de se dire que c’est la faute du malade qui n’a pas eu la foi, ou la faute de celui qui prie, la faute du prédicateur...
Ce n’est la faute de personne, il faut continuer, persévérer à prier pour les malades.

Le problème est que nous voulons toujours nous approprier la réussite comme l’échec. Arrêtons de réduire la signification du mot guérison à une seule chose. Quand un chrétien meurt dans la paix, c’est une guérison. On peut aussi être guéri de certains comportements.

Récemment, nous avons prié pour un de nos équipiers de prière jusqu’à sa mort. Il n’a pas été guéri, humainement parlant, mais il est mort en paix. Nous aurions voulu qu’il guérisse mais Dieu a fait autre chose pour lui : ses trois enfants et sa famille qui ne se voyaient plus se sont retrouvés et ils ont prié ensemble, en famille, pour la première fois de leur vie. Après qu’ils aient prié, il s’est endormi en paix, Dieu avait guéri sa famille.

Extrait de la Bonne Nouvelle de Février 2009.
Tiré du livre de Carlos Payan "Unité, onction, guérison".
Livre disponible sur www.ephese.fr